mardi 29 décembre 2015

culture jazz

http://culturejazz.fr/spip.php?article2836

ONJ + DEDALUS + Phil GLASS : à Paris en décembre.

Back to the seventies
D 22 DÉCEMBRE 2015     H 16:08     A ALAIN GAUTHIER    

Concert historique ce soir au Carreau du Temple : l’ONJ et l’ensemble DEDALUS copinent pour jouer Music with changing parts de Phil GLASS. Historique parce que d’un seul coup d’un seul, nous rembobinons le temps-qui-passe jusqu’à l’année 1970, année de naissance de cette œuvre, historique parce que les opportunités d’entendre ces musiques minimalistes répétitives sont rarissimes. Bon, d’accord l’opéra Einstein on the beach du même Glas il y a 18 mois au Théâtre du Châtelet mais quoi d’autre ?
Donc Music with changing parts.
« Cette recréation inédite redonnera à la pièce sa force originelle de transe aux effets psycho-acoustiques. Première d’une rencontre exceptionnelle entre dix-huit musiciens, réunis sur scène pour un voyage hypnotique et fascinant au cœur de l’une des œuvres fondatrices de la musique minimaliste » raconte le doc de présentation.
Orchestre National de Jazz - Olivier Benoît -  voir en grand cette image
Orchestre National de Jazz - Olivier Benoît
Ce voyage commence par une immersion sans sas de compression, on plonge dans cette première boucle comme on entre dans un mille feuilles sonore : tête en avant là où on peut.
Immersion puis apnée. Pour filer au bout du bout de la structure qui se répète et ne pas rater le petit quelque chose de rien du tout qui va venir la perturber, l’enrichir, la changer. Est-ce un son filé du trombone ? Une cascade à la flûte ? Une nouvelle clave aux percussions ?
On s’en fout.
On laisse aller.
La descente s’approfondit, les eaux refroidissent, la peau s’adapte. Une vibration, un frémissement, le rythme qui accélère : cet endroit est habité, on s’y côtoie à l’aveugle, on s’y frôle, on s’y longe. Danse de dauphins, longues coulées immobiles.
Vastitude, courants mêlés, l’oreille se fait antenne satellite et pivote à 360°, l’espace entier sonne et résonne. Pus de corps, plus d’oreille : chacun comme un immense capteur multidirectionnel.
Les résistances lâchent les unes après le autres, cette musique lancinante a les vertus d’un baume. D’un baume pour burn-outé du genre à détendre les neurones fripés, assouplir les axones tressés et aplanir les méninges saturées.
L’heure et demie passe comme un rêve éveillé à un univers double, les musiciens n’ont pas faibli une seconde, tension, densité, précision, jeu collectif.
Ils s’arrêtent d’un seul coup, la transe aussi et le public les applaudit longuement, longuement, longuement.

mercredi 2 décembre 2015

PHILIP GLASS/DEDALUS +ONJ - Carreau du Temple - 17/12/15



DEDALUS & ONJ OLIVIER BENOIT 

IN MOTION
PHILIP GLASS - MUSIC WITH CHANGING PARTS

JEUDI 17 DÉCEMBRE / 20H30
JAZZ FABRIC#24 au Carreau du Temple
Le Carreau du Temple
2 rue Perrée, 75003 Paris
T. 01 83 01 93 30 – www.carreaudutemple.edu

Soirée en partenariat avec La Muse en Circuit, Centre National de Création Musicale

DEDALUS
Amélie Berson, flûte / Pierre-Stéphane Meugé, saxophone / Sakina Abadou, saxophone / Denis Chouillet, claviers / Barbara Dang, clavier / Stéphane Garin, vibraphone / Didier Aschour, guitare et direction artistique 
ONJ
Jean Dousteyssier, clarinettes / Alexandra Grimal, saxophone, voix / Hugues Mayot, saxophone
 / Fabrice Martinez, trompette / Fidel Fourneyron, trombone / Théo Ceccaldi, violon / Sophie Agnel, piano / Paul Brousseau, clavier / Sylvain Daniel, basse / Eric Echampard, vibraphone / Olivier Benoit, guitare

L’ensemble Dedalus, fondé en 1996 par Didier Aschour, et l’Orchestre National de Jazz nous invitent à redécouvrir Music With Changing Parts de Philip Glass (1970), une composition construite sous la forme d’une partition ouverte, aussi bien dans la distribution des instruments que dans la durée, qui a la particularité de laisser une place à l’improvisation.
Cette recréation inédite redonnera à la pièce sa force originelle de transe aux effets psycho-acoustiques. Première d’une rencontre exceptionnelle entre dix-huit musiciens, réunis sur scène pour un voyage hypnotique et fascinant au cœur de l’une des oeuvres fondatrices de la musique minimaliste.

vendredi 8 mai 2015

TOM JOHNSON 75 à La Générale

http://www.lagenerale.fr/?p=5371



France Musique - Dedalus au Festival Extension, par Anne Montaron

http://www.francemusique.fr/emission/au-saut-du-lit/2014-2015/l-ensemble-dedalus-au-festival-extension-par-anne-montaron-04-29-2015-09-48

IN situ - Festival Extension, Instants Chavirés



28 avril 2015, Festival Extension - Instants Chavirés 
DEDALUS ENSEMBLE 

Longtemps, Dedalus a joué presque exclusivement des 
œuvres de l’avant-garde américaine des années 60/70. 
Longtemps, en effet, une pratique de l’expérimentation dans la 
musique écrite a semblé sans héritage. Mais depuis quelques 
années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération de 
compositeurs se référant directement à cette avant-garde. Ces 
petits-enfants de John Cage, comme on a pu voir décrite cette 
génération, vivent en Europe, en Asie, ou en Amérique et c’est 
avec enthousiasme que l’ensemble encourage, soutient et 
diffuse leurs créations. 
Après un projet avec des compositeurs britanniques 
(Coïncidences) et nord-américains (Made in USA), Dedalus a 
commandé des œuvres nouvelles à 3 compositeurs français Jean- 
Luc Guionnet, Yannick Guédon et Jean-Philippe Gross. Issus des 
musiques improvisées ou électroniques, ils investissent 
l’écriture musicale avec une évidence et une grande 
originalité. Leurs pièces interrogent les relations de 
présence et de rapport à l’espace architectural et mental du 
concert. Poursuivant le travail engagé les saisons 
précédentes, l'ensemble souhaite proposé au public  de 
nouvelles approches de la composition musicale, une "autre" 
musique contemporaine, basée sur la perception du phénomène 
sonore, du geste instrumental et de la performance. 

> Jean-Luc Guionnet : Distances Ouïes-Dites (2013)  
> Jean-Philippe Gross : Cutting Lines (2013) nouvelle 
version 
> Yannick Guédon : Chaque chose (création)  

DEDALUS   
Amélie Berson, flûte 
Silvia Tarozzi, violon 
Deborah Walker, violoncelle 
Fabrice Villard, clarinette 
Thierry Madiot, trombone 
Stéphane Garin, percussion 
Didier Aschour, guitare 

Production : Instants Chavirés, La Muse en Circuit, 
Dedalus. 

IN space


Musique expérimentale dans l’espace public 
Mardi 14 avril, 14h-18h 
Campus de l’Université Paul Valéry, Montpellier 
DEDALUS ENSEMBLE 

IN space est un projet qui fait sortir la musique de la salle de concert pour aller jouer dans l’espace public. Les musiciens de l'ensemble Dedalus interprètent 35 Sculptures Musicales de John Cage dans différents espaces du campus de l’université Paul Valéry. A la rencontre des étudiants, professeurs et personnels, les sons tenus des 6 musiciens forment des sculptures sonores qui s’intègrent à l’environnement et interrogent ses rapports au son et à l'art.
A partir d’une idée de Marcel Duchamp, John Cage imagine une exposition de Sculptures Musicales dans lesquelles les sons remplacent les formes et textures. En invitant à percevoir le son dans sa dimension plastique, il amène l’auditeur à reconsidérer les représentations spatio-temporelles qui lui sont attachées.
Dans le même temps et dans d’autres espaces de l’université, un groupe d’étudiants de l’école Supérieure des Beaux Arts de Montpellier interprète des œuvres emblématiques de la musique expérimentale qui ont en commun de remplacer les instruments de musique par des objets du quotidien, radios, bouteilles, tables, etc., préparées pendant un atelier avec Didier Aschour.

John Cage : 35 Sculptures Musicales (1989)
DEDALUS ENSEMBLE
Amélie Berson, flûte
Dafne Vicente-Sandoval, basson
Fabrice Villard, clarinette
Pierre-Stéphane Meugé, saxophone
Christian Pruvost, trompette
Thierry Madiot, trombone
+
Alvin Lucier : Opera with Objects (1997)
John White : Drinking and Hooting Machine (1968)
John Cage : Radio Music (1956)
La Monte Young : Poem for Chairs, Tables, Benches, etc. (1960)
Par un groupe d’étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier (Youn-Eun Kim, Pierre Peres, Maxime Franco, Valentine Zivanovic, Matthieu Alquier) et des étudiants (du cours sur l’art sonore de Stephan Barron) de l’Université Paul Valery.
Didier Aschour, direction artistique

Coproduction : Dedalus, Théâtre de la vignette, Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier.



TOM JOHNSON 75 - Université de Dortmund


TOM JOHNSON - Counting to 7 - Collège des Bernardins

http://www.questionsdartistes.fr/835-a-la-rencontre-de-tom-jonhson

Moondog - Maybe à La Générale (Muzzix/Dedalus)

Moondog - Theme à La Générale (Muzzix/Dedalus)

Moondog - Stamping Ground à La Générale (Muzzix/Dedalus)

Moondog madrigals par DEDALUS / MUZZIX - La Générale - 25/02/2015

vendredi 31 octobre 2014

Camera Obscura/Lucida. Dedalus + Konzert Minimal


Camera Obscura/Lucida est un projet d’échange entre 2 ensembles européens, Konzert Minimal (Allemagne) et Dedalus (France).
Les deux formations se réuniront pour interpréter une commande passée au compositeur Peter Ablinger (Berlin) en septembre 2015 à Paris et à Berlin. Le projet vient de recevoir le soutien d'impulsneuemusik.

samedi 21 juin 2014

Alla Breve - France Musique juin2014

http://www.francemusique.fr/emission/alla-breve-l-integrale/2013-2014/la-dualite-secrete-des-cubes-de-jean-luc-guionnet-diffusion-integrale-06-29-2014-23-30

Dans notre miniature contemporaine Alla Breve cette semaine, "La dualité secrète des cubes", puzzle musical de Jean-Luc Guionnet, créé par l'ensemble Dedalus et inspiré par une mystérieuse référence à la topologie : le grave dual.

« La dualité secrète des cubes » pour 7 instrumentistes de Jean-Luc Guionnet
 Interprété par l’Ensemble Dedalus :
Vincent Bouchot, voix - Cyprien Busolini, alto - Deborah Walker, violoncelle -Thierry Madiot, trombone - Christian Pruvost, trompette - Didier Aschour, guitare folk et Stéphane Garin, percussions
Commande et Création enregistrée le 10 juin 2014

Dedalus à Angelica Bologne

http://www.aaa-angelica.com/aaa/angelica-dedalus




mardi 11 mars 2014

ECOUTES CROISEES - La Conciergerie


ECOUTES CROISEES

L’espace de la Conciergerie : une expérience d’écoute

Vendredi 21 & samedi 22 mars  14h – 17h 30

Moments musicaux : Ensemble Dedalus (public ambulant)
Concert : 14h 10  (salle des Gens d’armes)
Impromptus : 14h30 / 14h50 / 15h10 / 15h30 / 15h50 / 16h10 / 16h30 / 16h50 / 17h 10

La Conciergerie
2 Boulevard du Palais, 75001 Paris

DEDALUS
Amélie Berson, flûte
Silvia Tarozzi, violon
Didier Aschour, guitare
Deborah Walker, violoncelle
Thierry Madiot, trombone

Oeuvres de Pascale Criton, James Tenney, Michael Pisaro

Les musiciens de l’Ensemble Dedalus présentent un programme d’œuvres musicales en relation avec les qualités acoustiques du site : configurations dans l’espace selon les longueurs de réverbération, les seuils acoustiques.

Avec le soutien de Réseau en Scène Languedoc-Roussillon

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Conception et coordination
Pascale Criton

Ecoutes croisées invite le public à la découverte de l’espace architectural de la Conciergerie du point de vue de ses ambiances sonores et de ses qualités acoustiques. Cette expérience d’écoute in situ, sensible à l’architecture et attentive la diversité sensorielle des publics, est présentée par Pascale Criton en collaboration avec une équipe de chercheurs, les musiciens de l’ensemble Dedalus et des étudiants de l’université Paris 8, dans le cadre du Laboratoire des Arts et Médiations humaines

http://www.bien-entendu-musique.com
http://www.labex-arts-h2h.fr/

mardi 18 février 2014

Counting to Seven - Tom Johnson à La Générale

 
 20 février 2014 : Langues étrangères
 Un 20 du mois sous le signe de ბაბილონის გოდოლი, מגדל בבל ,برج بابل, பாபேல் கோபுரம் et หอคอยบาเบล.

 19h30 : dégustation du vin du mois
 20h00 : « Counting to seven » (Tom Johnson et l’ensemble Dedalus).

Tom Johnson est un compositeur d’origine américaine maintenant parisien, bien connu pour, entre autres choses, ses travaux à l’interface des mathématiques et de la musique. Nous aurons la chance de l’accueillir avec l’ensemble Dedalus pour un projet vocal en cours, « Counting to seven », basé sur les manières de compter dans différentes langues et cultures de tous les continents.
Présentation du travail en cours de Counting to Seven. 7 voix comptent jusqu'à 7 dans une vingtaine de langues. A mi-chemin entre poésie sonore et musique minimale. 
Extraits d'une oeuvre qui sera créée en octobre 2014. 
Avec Tom Johnson, Amelie Berson, Sandra Giura Longo, Deborah Walker, Thierry Madiot, Fabrice Villard, Cyprien Busolini, Didier Aschour

LA GÉNÉRALE Coopérative artistique, politique et sociale.
14, av. Parmentier Paris XIe - M° Voltaire.


http://www.lagenerale.fr/?p=4351 

jeudi 19 décembre 2013

DEDALUS - CAC Brétigny 15/12/13

Partition économique : d'un côté les armes sonores de masse, dont « la musique » ; de l'autre des actions restreintes, efficaces et ciblées. Le silence aussi peut-il chercher noise ? « Le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquels ils auraient enfin quelque chose à dire », dit Deleuze. Un Centre d'Art Contemporain d'Ile-de-France, en l'espèce le CAC de Brétigny-sur-Orge, peut-il en tenir lieu ? Réponse par Matthieu Saladin, sous la forme d'une exposition, There's A Riot Goin' On (ce qui pourrait se traduire par « l'insurrection qui vient », mais reste avant tout le titre d’une piste de 0’00’’, « révolte dégagée de tout manifeste » selon Saladin, gravée sur l'album éponyme de Sly Stone paru en 1971), et de pièces comme : Sounds Of Silence, anthologies de plages silencieuses issues de classiques rock, jazz ou contemporain ; G-20, transposition sonore des cours boursiers mondiaux ; Sonneries Publiques (des phrases semblables aux commentaires qu'écrivait Satie sur ses partitions, disponibles en téléchargement pour que votre portable les diffusent à chaque appel). Ou donc, Economic Score. D'Economic Score nous dirons que le principe de composition, la transposition d'une économie culturelle en partition (la hauteur des notes étant déterminées par les dépenses ; leur durée par les produits ; les nuances, seul paramètre aléatoire, étant quant à elles relatives à l'attention du public), ne nous préparaient pas spontanément à faire l'expérience du sublime. Et pourtant : après un heureux incident (la répétition d'une troupe de danse dans les locaux jouxtant le CAC) ayant contraint à inverser l'ordre du programme, l'ensemble Dedalus joua d'abord quelques pages du « répertoire » (Four6 de Cage, suivie d'extraits d'Exercises de Wolff, et de Treatise, de Cardew) ; puis la pièce Economic Score put se déployer librement plus d'une heure durant. Le public du jour étant initié des intentions de la partition, est-ce que l'intensité de son attention eut pour corollaire l'extrême ténuité des attaques ? Ou bien au contraire les quatre membres de l’ensemble (Amélie Berson, flûte ; Cyprien Busolini, alto ; Eric Chalan, contrebasse ; Didier Aschour, guitare) ont-ils pu mettre leur science du dosage, de la rareté et de la densité, éprouvée notamment par la fréquentation des scores de Wandelweiser, au service du projet de Saladin ? Il y a là un entre-deux à explorer, les différentes version d'Economic Score pouvant varier à l'extrême selon les contextes – ce qui n'est certes pas nouveau depuis 4'33", mais dans le cas d'Economic Score, sans doute beaucoup plus excitant à suivre. Dedalus, Matthieu Saladin : There’s A Riot Goin’On, Brétigny-sur-Orge, CAC, 14 décembre 2016. Claude-Marin Herbert © Le son du grisli

vendredi 29 novembre 2013

Citizen Jazz - Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey - Dedalus

Citizen Jazz - Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey - Dedalus Dedalus Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey Didier Aschour (g), Antoine Beuger (fl), Jürg Frey (cl), Cyprien Busolini (va), Stéphane Garin (perc, vb), Thierry Madiot (tb) Potlatch Dans le paysage de la musique savante en Europe, Didier Aschour est une figure précieuse qui ouvre sans cesse des perspectives nouvelles, qui réactive des généalogies alternatives et propose des lectures singulières des œuvres de son temps. Comme interprète d’abord, il est parmi les premiers – et les seuls – à avoir donné en France les œuvres d’Harry Partch, Ramon Lazkano ou de Régis Campo. En tant que compositeur, il a construit un travail cohérent et un répertoire passionnant autour des musiques microtonales et expérimentales, tout en les accompagnant d’importants travaux théoriques dans les revues Musica Falsa et Chimères. Il a ainsi développé un travail tout à fait singulier sur des guitares allant du quart au vingt-quatrième de ton et sur des guitares en intonation juste. Comme directeur d’ensemble, enfin, il fait jouer avec Dedalus des musiques pour partition à instrumentation libre, et de la musique minimaliste. Non content de réunir des interprètes de premier choix – Aschour lui-même à la guitare, Antoine Beuger (flûte), Cyprien Busolini (alto), Jürg Frey (clarinette), Stéphane Garin (percussions et vibraphone) et Thierry Madiot (trombone) – l’ensemble Dedalus jette donc un pont tout à fait pertinent entre la musique savante européenne d’aujourd’hui et la musique savante américaine, notamment dans ses franges les moins connues (je pense ici aux travaux sur l’intonation juste, encore largement ignorés en France). Rien d’étonnant, dès lors, à ce que ce disque paraisse sur le label Potlatch, consacré aux musiques improvisées et, de plus en plus, aux musiques minimalistes. Enregistré en live les 27 et 28 avril 2012 à l’Ancienne Brasserie Bouchoule, espace d’exposition des Instants Chavirés à Montreuil (93), il rassemble trois compositions : « Méditations poétiques sur quelque chose d’autre » et « Lieux de passage » d’Antoine Beuger, ainsi que « Canones Incerti » de Jürg Frey. De fait, la musique enregistrée ici n’est pas sans évoquer le collectif Wandelweiser, ensemble international à géométrie variable qui réunit, outre les membres fondateurs Beuger et Frey, le guitariste Michael Pisaro, le trop rare violoniste Burkhard Shlothauer mais aussi le pianiste Manfred Werder et les trombonistes Radu Malfatti et Craig Shepard. Ces trois pièces travaillent toutes la ténuité du son – non seulement le volume sonore mais la distinction des notes entre elles – et le silence comme espace plein plutôt que vide. Elles manifestent toutes les trois une forte incertitude tonale et des structures ouvertes, sinon invisibles, ainsi qu’une volonté d’étirer les durées, dans un exercice de méditation sonore qui requiert toute l’attention de l’auditeur pour une expérience d’écoute qu’on imagine avoir été également une expérience de recueillement les jours de concert. Dans « Méditations poétiques sur quelque chose d’autre », les instruments glissent les uns sur les autres et se dispersent dans un mouvement de fuite perpétuelle. Des voix chantant des notes vagues, des textes dits ou murmurés accompagnent le son des instruments, tandis qu’une percussion rare ponctue parfois l’espace sonore d’un éclair discret. La pièce accueille toute sorte de sons étrangers à la partition mais qui trouvent dans le filet sonore lentement tissé une place éphémère : bruissements, murmures, bruits de pas, sons de klaxons à l’extérieur s’intègrent dans le champ sonore sans que jamais on ne puisse décider de leur statut. Sont-ce des sons parasites, des sons aléatoires et concrets dont le compositeur a pensé et prévu l’occurrence pendant la performance ? Pris au miroir de la partition de Beuger, ils acquièrent à tout le moins une étrange dimension musicale et poétique. Le titre même de « Canones Incerti » donne le programme de la pièce : un ensemble de structures tonales et de progressions d’accords qui se répondent en canon mais semblent avant tout ambiguës, ondoyantes, loin de la rigueur que suppose traditionnellement la notion de canon. Le jeu pianissimo des interprètes pousse l’auditeur à aiguiser graduellement sa concentration – comme c’est aussi le cas sur les deux morceaux de Beuger – et, ce faisant, la structure tout d’abord invisible émerge lentement, telle une image photographique dans le révélateur. Ici et là la guitare répond au vibraphone, l’alto se mêle au trombone et poursuit sa partie, ou vrombit doucement derrière les autres instruments ; la flûte et la clarinette, jouées à bas volume, s’essaient à confondre leur timbre dans un unisson instable. La composition de Jürg Frey est certainement la plus tonale des trois, mais elle met en jeu une tonalité minimale, décharnée, où les accords suspendus sont presque toujours sur le point de s’évanouir. Enfin, dans la dernière pièce de Beuger, « Lieux de passage », c’est le rôle des percussions qui est mis en avant. Le son d’une cymbale jouée à l’archet guide la pièce et agrège autour de lui un ensemble de notes distillées par les autres interprètes et qui construisent peu à peu une harmonie labile et mouvante. L’accord que suit la pièce semble s’effranger en permanence, selon que les interprètes jouent ou s’abstiennent. « Lieux de passage » n’en finit jamais de commencer, fait revenir les accords sur eux-mêmes dans une lente involution, et répond à la méditation déambulatoire, extravagante au sens propre, de la première composition. Alors que celle-ci ne cessait de se disperser, « Lieux » glisse lentement en spirale, comme s’il tentait d’atteindre son propre centre. Au mouvement d’ouverture fait ainsi écho un mouvement de concentration et, à nouveau, de recueillement. On sort désorienté de l’écoute de ce disque, qui aiguise l’audition autant qu’il la rend flottante, un peu comme les Triadic Memories de Morton Feldman. Rares sont les enregistrements capables de nous prendre aussi bien au piège de leur espace sonore. Celui-ci est captivant, au sens le plus fort du terme. par Mathias Kusnierz // Publié le 25 novembre 2013

jeudi 19 septembre 2013

Potlatch CD New Review in Moment's Notice


Moment's Notice
Reviews of Recent Recordings
(continued)


Antoine Beuger + Jürg Frey
Dedalus
Potlatch 113


 Listeners of free improvisation are well accustomed to the exploration of silence and subtly resonant gesture in their music, and to some of the compositional lineages which has shaped music once called “reductionist.” Considerable attention has been given, these last few years, to the Wandelweiser collective, whose leading representatives include flautist Antoine Beuger, clarinetist Jürg Frey, and guitarist Michael Pisaro. In their compositions, these musicians have not only been unafraid to explore near total silence and the limits (audible and technical) of their instruments, they have also unreservedly embraced tonality in places and blended idioms (as with the regular use of vocals).
Over two nights at Les Instants Chavires in April 2012, Dedalus finds Beuger and Frey joined by guitarist Didier Aschour, alto violist Cyprien Busolini, percussionist/vibraphonist Stephane Garin, and trombonist Thierry Madiot for three especially resonant performances. Beuger’s “Meditations Poetiques sur Quelque Chose d’Autre” might take the prize for title that best works as an aesthetic credo for these musicians, the whole approach seeming to take that term “autre” and run all the way with it to a music that slips the confines of just about everything. There are, here as elsewhere, multiple sounds that supplement, engage with, and unsettle the scored materials (melodic fragments, textual excerpts): pipe tones, creaking woods, and whispers. There are especially various car horns, but to my ears none of it gets in the way of the expertly controlled horn overtones, Aschour’s subtle guitar, or Garin deft navigation of space, with a rustle here and a thwack there. The entrance of the vibraphone and its melancholy figures gives a strange shape to those long, wafting held tones that suspend across each other in seeming infinity. Frey’s “Canones Incerti” trades in more audibly melodic material, with lovely, pinwheeling single tones pinging around with much space between them. Aschour is especially bright in the tonal thicket, and the piece moves marvelously alongside the vehicles audible outside the club as its intervals seem to chase down some chord progression. On “Lieux de Passages,” we hear a steady gathering cymbal clouds and muted, sculpted sound. Instruments stand out as naked and lyrical, nearly fragile in the sonic midst (though with lush, almost subliminal harmonization too). Things steadily sound as if they become decentered, the music somehow more multiple, with hints that it might burble over even as it returns repeatedly to a lush tonal thickness. It’s fabulous music overall, living in its thick gatherings of oscillations and resonance.
–Jason Bivins
http://www.pointofdeparture.org/PoD44/PoD44MoreMoments2.html

vendredi 13 septembre 2013

New York Times Review

http://www.nytimes.com/2013/09/11/arts/music/dedalus-ensemble-has-its-debut-at-roulette.html?ref=music

dimanche 23 juin 2013

Lille Piano Festival

Photos de Philippe Lenglet


Freesilence


http://freesilence.wordpress.com/2013/06/16/dedalus-antoine-beuger-jurg-frey/

Dedalus – Antoine Beuger – Jürg Frey

P113La musique peut-elle se faire exploratrice du silence ? C’est l’un des enjeux des travaux du collectif Wandelweiser dont cet enregistrement nous propose ici trois pièces, deux du flutiste Antoine Beuger et une du clarinettiste Jürg Frey. Les deux compositeurs sont rejoints ici par une version réduite de l’Ensemble Dédalus composée du guitariste Didier Aschour, de l’altiste Cyprien Busolini, du percussioniste Stéphane Garin et du tromboniste Thierry Madiot.
Au-delà du silence, ce disque nous propose aussi une ouverture au monde, car loin de l’univers aseptisé du studio ou de la salle de concert traditionnelle, c’est dans l’ancienne Brasserie Bouchoule, lieu habituellement dédié aux expositions organisées par les Instants Chavirés, un espace non isolé au point de vue sonore, que cet enregistrement a été réalisé. Les bruits de la ville ou de la pluie s’invitent donc dans un dialogue avec la musique, s’y entremêlent pour créer un espace sonore inédit, parfois à la limite de l’audible.
Des trois pièces proposées, c’est celle de Jürg Frey, Canones Incerti, dans son pointillisme et et pour la subtilité des interactions entre les différents instruments qui a gagné ma préférence. Méditations poétiques sur quelque chose d’autre – quel titre ! – propose une approche de la voix murmurée, à la limite de l’audible et de l’abstraction du sens. Enfin, Lieux de passage, une sorte de concerto éthéré pour clarinette, conclue le disque dans une très belle épure minimaliste.
Je dois avouer que ce type de musique, réductionniste, dans la lignée des travaux de John Cage, me laisse souvent dubitatif sur disque, l’écoute chez soi ne parvenant pas à recréer cette tension inhérente que l’on peut ressentir en concert. Cet enregistrement vient rappeler, que sa mise en situation – en scène ? – peut lui ouvrir de nouveaux horizons.