vendredi 31 octobre 2014

Camera Obscura/Lucida. Dedalus + Konzert Minimal


Camera Obscura/Lucida est un projet d’échange entre 2 ensembles européens, Konzert Minimal (Allemagne) et Dedalus (France).
Les deux formations se réuniront pour interpréter une commande passée au compositeur Peter Ablinger (Berlin) en septembre 2015 à Paris et à Berlin. Le projet vient de recevoir le soutien d'impulsneuemusik.

samedi 21 juin 2014

Alla Breve - France Musique juin2014

http://www.francemusique.fr/emission/alla-breve-l-integrale/2013-2014/la-dualite-secrete-des-cubes-de-jean-luc-guionnet-diffusion-integrale-06-29-2014-23-30

Dans notre miniature contemporaine Alla Breve cette semaine, "La dualité secrète des cubes", puzzle musical de Jean-Luc Guionnet, créé par l'ensemble Dedalus et inspiré par une mystérieuse référence à la topologie : le grave dual.

« La dualité secrète des cubes » pour 7 instrumentistes de Jean-Luc Guionnet
 Interprété par l’Ensemble Dedalus :
Vincent Bouchot, voix - Cyprien Busolini, alto - Deborah Walker, violoncelle -Thierry Madiot, trombone - Christian Pruvost, trompette - Didier Aschour, guitare folk et Stéphane Garin, percussions
Commande et Création enregistrée le 10 juin 2014

Dedalus à Angelica Bologne

http://www.aaa-angelica.com/aaa/angelica-dedalus




mardi 11 mars 2014

ECOUTES CROISEES - La Conciergerie


ECOUTES CROISEES

L’espace de la Conciergerie : une expérience d’écoute

Vendredi 21 & samedi 22 mars  14h – 17h 30

Moments musicaux : Ensemble Dedalus (public ambulant)
Concert : 14h 10  (salle des Gens d’armes)
Impromptus : 14h30 / 14h50 / 15h10 / 15h30 / 15h50 / 16h10 / 16h30 / 16h50 / 17h 10

La Conciergerie
2 Boulevard du Palais, 75001 Paris

DEDALUS
Amélie Berson, flûte
Silvia Tarozzi, violon
Didier Aschour, guitare
Deborah Walker, violoncelle
Thierry Madiot, trombone

Oeuvres de Pascale Criton, James Tenney, Michael Pisaro

Les musiciens de l’Ensemble Dedalus présentent un programme d’œuvres musicales en relation avec les qualités acoustiques du site : configurations dans l’espace selon les longueurs de réverbération, les seuils acoustiques.

Avec le soutien de Réseau en Scène Languedoc-Roussillon

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Conception et coordination
Pascale Criton

Ecoutes croisées invite le public à la découverte de l’espace architectural de la Conciergerie du point de vue de ses ambiances sonores et de ses qualités acoustiques. Cette expérience d’écoute in situ, sensible à l’architecture et attentive la diversité sensorielle des publics, est présentée par Pascale Criton en collaboration avec une équipe de chercheurs, les musiciens de l’ensemble Dedalus et des étudiants de l’université Paris 8, dans le cadre du Laboratoire des Arts et Médiations humaines

http://www.bien-entendu-musique.com
http://www.labex-arts-h2h.fr/

mardi 18 février 2014

Counting to Seven - Tom Johnson à La Générale

 
 20 février 2014 : Langues étrangères
 Un 20 du mois sous le signe de ბაბილონის გოდოლი, מגדל בבל ,برج بابل, பாபேல் கோபுரம் et หอคอยบาเบล.

 19h30 : dégustation du vin du mois
 20h00 : « Counting to seven » (Tom Johnson et l’ensemble Dedalus).

Tom Johnson est un compositeur d’origine américaine maintenant parisien, bien connu pour, entre autres choses, ses travaux à l’interface des mathématiques et de la musique. Nous aurons la chance de l’accueillir avec l’ensemble Dedalus pour un projet vocal en cours, « Counting to seven », basé sur les manières de compter dans différentes langues et cultures de tous les continents.
Présentation du travail en cours de Counting to Seven. 7 voix comptent jusqu'à 7 dans une vingtaine de langues. A mi-chemin entre poésie sonore et musique minimale. 
Extraits d'une oeuvre qui sera créée en octobre 2014. 
Avec Tom Johnson, Amelie Berson, Sandra Giura Longo, Deborah Walker, Thierry Madiot, Fabrice Villard, Cyprien Busolini, Didier Aschour

LA GÉNÉRALE Coopérative artistique, politique et sociale.
14, av. Parmentier Paris XIe - M° Voltaire.


http://www.lagenerale.fr/?p=4351 

jeudi 19 décembre 2013

DEDALUS - CAC Brétigny 15/12/13

Partition économique : d'un côté les armes sonores de masse, dont « la musique » ; de l'autre des actions restreintes, efficaces et ciblées. Le silence aussi peut-il chercher noise ? « Le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquels ils auraient enfin quelque chose à dire », dit Deleuze. Un Centre d'Art Contemporain d'Ile-de-France, en l'espèce le CAC de Brétigny-sur-Orge, peut-il en tenir lieu ? Réponse par Matthieu Saladin, sous la forme d'une exposition, There's A Riot Goin' On (ce qui pourrait se traduire par « l'insurrection qui vient », mais reste avant tout le titre d’une piste de 0’00’’, « révolte dégagée de tout manifeste » selon Saladin, gravée sur l'album éponyme de Sly Stone paru en 1971), et de pièces comme : Sounds Of Silence, anthologies de plages silencieuses issues de classiques rock, jazz ou contemporain ; G-20, transposition sonore des cours boursiers mondiaux ; Sonneries Publiques (des phrases semblables aux commentaires qu'écrivait Satie sur ses partitions, disponibles en téléchargement pour que votre portable les diffusent à chaque appel). Ou donc, Economic Score. D'Economic Score nous dirons que le principe de composition, la transposition d'une économie culturelle en partition (la hauteur des notes étant déterminées par les dépenses ; leur durée par les produits ; les nuances, seul paramètre aléatoire, étant quant à elles relatives à l'attention du public), ne nous préparaient pas spontanément à faire l'expérience du sublime. Et pourtant : après un heureux incident (la répétition d'une troupe de danse dans les locaux jouxtant le CAC) ayant contraint à inverser l'ordre du programme, l'ensemble Dedalus joua d'abord quelques pages du « répertoire » (Four6 de Cage, suivie d'extraits d'Exercises de Wolff, et de Treatise, de Cardew) ; puis la pièce Economic Score put se déployer librement plus d'une heure durant. Le public du jour étant initié des intentions de la partition, est-ce que l'intensité de son attention eut pour corollaire l'extrême ténuité des attaques ? Ou bien au contraire les quatre membres de l’ensemble (Amélie Berson, flûte ; Cyprien Busolini, alto ; Eric Chalan, contrebasse ; Didier Aschour, guitare) ont-ils pu mettre leur science du dosage, de la rareté et de la densité, éprouvée notamment par la fréquentation des scores de Wandelweiser, au service du projet de Saladin ? Il y a là un entre-deux à explorer, les différentes version d'Economic Score pouvant varier à l'extrême selon les contextes – ce qui n'est certes pas nouveau depuis 4'33", mais dans le cas d'Economic Score, sans doute beaucoup plus excitant à suivre. Dedalus, Matthieu Saladin : There’s A Riot Goin’On, Brétigny-sur-Orge, CAC, 14 décembre 2016. Claude-Marin Herbert © Le son du grisli

vendredi 29 novembre 2013

Citizen Jazz - Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey - Dedalus

Citizen Jazz - Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey - Dedalus Dedalus Dedalus - Antoine Beuger - Jürg Frey Didier Aschour (g), Antoine Beuger (fl), Jürg Frey (cl), Cyprien Busolini (va), Stéphane Garin (perc, vb), Thierry Madiot (tb) Potlatch Dans le paysage de la musique savante en Europe, Didier Aschour est une figure précieuse qui ouvre sans cesse des perspectives nouvelles, qui réactive des généalogies alternatives et propose des lectures singulières des œuvres de son temps. Comme interprète d’abord, il est parmi les premiers – et les seuls – à avoir donné en France les œuvres d’Harry Partch, Ramon Lazkano ou de Régis Campo. En tant que compositeur, il a construit un travail cohérent et un répertoire passionnant autour des musiques microtonales et expérimentales, tout en les accompagnant d’importants travaux théoriques dans les revues Musica Falsa et Chimères. Il a ainsi développé un travail tout à fait singulier sur des guitares allant du quart au vingt-quatrième de ton et sur des guitares en intonation juste. Comme directeur d’ensemble, enfin, il fait jouer avec Dedalus des musiques pour partition à instrumentation libre, et de la musique minimaliste. Non content de réunir des interprètes de premier choix – Aschour lui-même à la guitare, Antoine Beuger (flûte), Cyprien Busolini (alto), Jürg Frey (clarinette), Stéphane Garin (percussions et vibraphone) et Thierry Madiot (trombone) – l’ensemble Dedalus jette donc un pont tout à fait pertinent entre la musique savante européenne d’aujourd’hui et la musique savante américaine, notamment dans ses franges les moins connues (je pense ici aux travaux sur l’intonation juste, encore largement ignorés en France). Rien d’étonnant, dès lors, à ce que ce disque paraisse sur le label Potlatch, consacré aux musiques improvisées et, de plus en plus, aux musiques minimalistes. Enregistré en live les 27 et 28 avril 2012 à l’Ancienne Brasserie Bouchoule, espace d’exposition des Instants Chavirés à Montreuil (93), il rassemble trois compositions : « Méditations poétiques sur quelque chose d’autre » et « Lieux de passage » d’Antoine Beuger, ainsi que « Canones Incerti » de Jürg Frey. De fait, la musique enregistrée ici n’est pas sans évoquer le collectif Wandelweiser, ensemble international à géométrie variable qui réunit, outre les membres fondateurs Beuger et Frey, le guitariste Michael Pisaro, le trop rare violoniste Burkhard Shlothauer mais aussi le pianiste Manfred Werder et les trombonistes Radu Malfatti et Craig Shepard. Ces trois pièces travaillent toutes la ténuité du son – non seulement le volume sonore mais la distinction des notes entre elles – et le silence comme espace plein plutôt que vide. Elles manifestent toutes les trois une forte incertitude tonale et des structures ouvertes, sinon invisibles, ainsi qu’une volonté d’étirer les durées, dans un exercice de méditation sonore qui requiert toute l’attention de l’auditeur pour une expérience d’écoute qu’on imagine avoir été également une expérience de recueillement les jours de concert. Dans « Méditations poétiques sur quelque chose d’autre », les instruments glissent les uns sur les autres et se dispersent dans un mouvement de fuite perpétuelle. Des voix chantant des notes vagues, des textes dits ou murmurés accompagnent le son des instruments, tandis qu’une percussion rare ponctue parfois l’espace sonore d’un éclair discret. La pièce accueille toute sorte de sons étrangers à la partition mais qui trouvent dans le filet sonore lentement tissé une place éphémère : bruissements, murmures, bruits de pas, sons de klaxons à l’extérieur s’intègrent dans le champ sonore sans que jamais on ne puisse décider de leur statut. Sont-ce des sons parasites, des sons aléatoires et concrets dont le compositeur a pensé et prévu l’occurrence pendant la performance ? Pris au miroir de la partition de Beuger, ils acquièrent à tout le moins une étrange dimension musicale et poétique. Le titre même de « Canones Incerti » donne le programme de la pièce : un ensemble de structures tonales et de progressions d’accords qui se répondent en canon mais semblent avant tout ambiguës, ondoyantes, loin de la rigueur que suppose traditionnellement la notion de canon. Le jeu pianissimo des interprètes pousse l’auditeur à aiguiser graduellement sa concentration – comme c’est aussi le cas sur les deux morceaux de Beuger – et, ce faisant, la structure tout d’abord invisible émerge lentement, telle une image photographique dans le révélateur. Ici et là la guitare répond au vibraphone, l’alto se mêle au trombone et poursuit sa partie, ou vrombit doucement derrière les autres instruments ; la flûte et la clarinette, jouées à bas volume, s’essaient à confondre leur timbre dans un unisson instable. La composition de Jürg Frey est certainement la plus tonale des trois, mais elle met en jeu une tonalité minimale, décharnée, où les accords suspendus sont presque toujours sur le point de s’évanouir. Enfin, dans la dernière pièce de Beuger, « Lieux de passage », c’est le rôle des percussions qui est mis en avant. Le son d’une cymbale jouée à l’archet guide la pièce et agrège autour de lui un ensemble de notes distillées par les autres interprètes et qui construisent peu à peu une harmonie labile et mouvante. L’accord que suit la pièce semble s’effranger en permanence, selon que les interprètes jouent ou s’abstiennent. « Lieux de passage » n’en finit jamais de commencer, fait revenir les accords sur eux-mêmes dans une lente involution, et répond à la méditation déambulatoire, extravagante au sens propre, de la première composition. Alors que celle-ci ne cessait de se disperser, « Lieux » glisse lentement en spirale, comme s’il tentait d’atteindre son propre centre. Au mouvement d’ouverture fait ainsi écho un mouvement de concentration et, à nouveau, de recueillement. On sort désorienté de l’écoute de ce disque, qui aiguise l’audition autant qu’il la rend flottante, un peu comme les Triadic Memories de Morton Feldman. Rares sont les enregistrements capables de nous prendre aussi bien au piège de leur espace sonore. Celui-ci est captivant, au sens le plus fort du terme. par Mathias Kusnierz // Publié le 25 novembre 2013

jeudi 19 septembre 2013

Potlatch CD New Review in Moment's Notice


Moment's Notice
Reviews of Recent Recordings
(continued)


Antoine Beuger + Jürg Frey
Dedalus
Potlatch 113


 Listeners of free improvisation are well accustomed to the exploration of silence and subtly resonant gesture in their music, and to some of the compositional lineages which has shaped music once called “reductionist.” Considerable attention has been given, these last few years, to the Wandelweiser collective, whose leading representatives include flautist Antoine Beuger, clarinetist Jürg Frey, and guitarist Michael Pisaro. In their compositions, these musicians have not only been unafraid to explore near total silence and the limits (audible and technical) of their instruments, they have also unreservedly embraced tonality in places and blended idioms (as with the regular use of vocals).
Over two nights at Les Instants Chavires in April 2012, Dedalus finds Beuger and Frey joined by guitarist Didier Aschour, alto violist Cyprien Busolini, percussionist/vibraphonist Stephane Garin, and trombonist Thierry Madiot for three especially resonant performances. Beuger’s “Meditations Poetiques sur Quelque Chose d’Autre” might take the prize for title that best works as an aesthetic credo for these musicians, the whole approach seeming to take that term “autre” and run all the way with it to a music that slips the confines of just about everything. There are, here as elsewhere, multiple sounds that supplement, engage with, and unsettle the scored materials (melodic fragments, textual excerpts): pipe tones, creaking woods, and whispers. There are especially various car horns, but to my ears none of it gets in the way of the expertly controlled horn overtones, Aschour’s subtle guitar, or Garin deft navigation of space, with a rustle here and a thwack there. The entrance of the vibraphone and its melancholy figures gives a strange shape to those long, wafting held tones that suspend across each other in seeming infinity. Frey’s “Canones Incerti” trades in more audibly melodic material, with lovely, pinwheeling single tones pinging around with much space between them. Aschour is especially bright in the tonal thicket, and the piece moves marvelously alongside the vehicles audible outside the club as its intervals seem to chase down some chord progression. On “Lieux de Passages,” we hear a steady gathering cymbal clouds and muted, sculpted sound. Instruments stand out as naked and lyrical, nearly fragile in the sonic midst (though with lush, almost subliminal harmonization too). Things steadily sound as if they become decentered, the music somehow more multiple, with hints that it might burble over even as it returns repeatedly to a lush tonal thickness. It’s fabulous music overall, living in its thick gatherings of oscillations and resonance.
–Jason Bivins
http://www.pointofdeparture.org/PoD44/PoD44MoreMoments2.html

vendredi 13 septembre 2013

New York Times Review

http://www.nytimes.com/2013/09/11/arts/music/dedalus-ensemble-has-its-debut-at-roulette.html?ref=music

dimanche 23 juin 2013

Lille Piano Festival

Photos de Philippe Lenglet


Freesilence


http://freesilence.wordpress.com/2013/06/16/dedalus-antoine-beuger-jurg-frey/

Dedalus – Antoine Beuger – Jürg Frey

P113La musique peut-elle se faire exploratrice du silence ? C’est l’un des enjeux des travaux du collectif Wandelweiser dont cet enregistrement nous propose ici trois pièces, deux du flutiste Antoine Beuger et une du clarinettiste Jürg Frey. Les deux compositeurs sont rejoints ici par une version réduite de l’Ensemble Dédalus composée du guitariste Didier Aschour, de l’altiste Cyprien Busolini, du percussioniste Stéphane Garin et du tromboniste Thierry Madiot.
Au-delà du silence, ce disque nous propose aussi une ouverture au monde, car loin de l’univers aseptisé du studio ou de la salle de concert traditionnelle, c’est dans l’ancienne Brasserie Bouchoule, lieu habituellement dédié aux expositions organisées par les Instants Chavirés, un espace non isolé au point de vue sonore, que cet enregistrement a été réalisé. Les bruits de la ville ou de la pluie s’invitent donc dans un dialogue avec la musique, s’y entremêlent pour créer un espace sonore inédit, parfois à la limite de l’audible.
Des trois pièces proposées, c’est celle de Jürg Frey, Canones Incerti, dans son pointillisme et et pour la subtilité des interactions entre les différents instruments qui a gagné ma préférence. Méditations poétiques sur quelque chose d’autre – quel titre ! – propose une approche de la voix murmurée, à la limite de l’audible et de l’abstraction du sens. Enfin, Lieux de passage, une sorte de concerto éthéré pour clarinette, conclue le disque dans une très belle épure minimaliste.
Je dois avouer que ce type de musique, réductionniste, dans la lignée des travaux de John Cage, me laisse souvent dubitatif sur disque, l’écoute chez soi ne parvenant pas à recréer cette tension inhérente que l’on peut ressentir en concert. Cet enregistrement vient rappeler, que sa mise en situation – en scène ? – peut lui ouvrir de nouveaux horizons.

Critique du CD Wandelweiser en russe!


http://cmmag.org/reviews/dedalus-antoine-beuger-jurg-frey-potlatch/

Dedalus, Antoine Beuger, Jürg Frey (Potlatch)

Вандельвайзеров (Wandelweiser) нынче хочет выпустить каждый уважающий себя лейбл из мира современного импрова. Наконец-то, спустя 20 лет после создания сообщества, композиторы Вандельвайзер получили признание: их пьесы играют по всему миру, с концертами и резиденциями приглашают в различные места, регулярно выходят записи исполнений. 20 лет — большой срок, и за это время из впечатляющих экспериментаторов в области звука и тишины Вандельвайзер превратились мощную группировку, значительно повлиявшую как на консерваторских композиторов, так и на импровизаторов. И первые, и вторые с удовольствием исполняют партитуры и радуются, что можно это делать, не прилагая больших усилий (разумеется, это не всех произведений касается). Всё хорошо. Но это и настораживает — сейчас уже слишком хорошо для того, чтобы быть в авангарде. Теперь это уже просто часть современной музыки.
Кажется, и сами композиторы угомонились. Вот взять этот новый диск на французском лейбле Potlatch, который, по правде говоря, не был уличён в особой любви к композиторской музыке ранее. Две пьесы Антуана Бёгера (Antoine Beuger) и одна Юрга Фрая (Jürg Frey) — из разряда тех, что описываются английским словом “lovely”. Хоть ставь их на свидании при свечах — будет вполне уместно, когда что-то там фоном мурлыкает и создаёт благоприятный фон. Эмбиент ли это теперь? Отрадно, что нет. Эта музыка звучит очень безопасно, очень красиво и очень уверенно. Когда случается описывать такими словами звук, то это может говорить только об одном, а именно о том, что музыканты нашли своё место в мире музыки и рады ему. Пожалуй, это и неплохо, ведь в этом случае сам материал становится более однородным и звучит объективно лучше. На этом диске эта идеальность усугубляется ещё и тем, что в Dedalus играют сами Бёгер и Фрай: кому как не авторам пьес лучше знать, как их играть?
Но, размышляя о том, чего достигли Вандельвайзеры и что имеют сейчас, нельзя не заметить, что дальнейший путь развития этой музыки выглядит не таким интересным, каким был ранее. В последние лет 5 музыка Вандельвайзеров стала намного популярнее (если такое слово применимо для этой музыки), а в прошлом году на английском Another Timbre вышел впечатляющий релиз — бокс-сет из шести дисков композиторов сообщества. Этот документ, если и не поставил точку (это было бы слишком радикально, да), то точно обозначил запятую, а вот ответа на вопрос “дальше-то что?” он не дал. Не даёт его и Dedalus. Хотя, стоит признать, что в этой записи есть интересная особенность — звук улицы здесь слышен не хуже звуков инструментов. Безусловно, это не новая идея — коллега по коммюнити, композитор Майкл Пизаро (Michael Pisaro), уже давно вовсю использует полевые записи в своих сочинениях, а тот же Бёгер вообще любит посторонние звуки в своих произведениях, что помнится по релизу на Erstwhile, например. Но всё же звук улицы — это пройденный этап. Хоть и звучит это прекрасно. Хоть и вписывается отлично в музыку.
Но что будет дальше и теперь? Этот вопрос пока остаётся открытым.
А диск прекрасен, спору нет.
2013 Potlatch CD
Илья Белоруков
- See more at: http://cmmag.org/reviews/dedalus-antoine-beuger-jurg-frey-potlatch/#sthash.woUo8s21.dpuf

vendredi 7 juin 2013

Dedalus Wandelweiser-CD review by Richard Pinnell

http://www.thewatchfulear.com/?p=8626

    DEDALUS, ANTOINE BEUGER, JÜRG FREY

    5
    A discussion was held around the time of this disc’s release, a discussion that has been held over other releases in the past, ,about whether the external, accidental, incidental sounds that creep into the recording should be welcomed or not. This lovely little CD, by the French quartet Ensemble Dedalus, (Didier Aschour, guitar, Cyprien Busolini, alto, Stéphane Garin, percussion and vibraphone and Thierry Madiot, trombone) alongside the composers of the music performed, Antoine Beuger (flute) and Jürg Frey (clarinet) captures three pieces from two nights of live concerts in Paris, 2012. The recording quality is good enough- the sounds we hear from the musicians are clear and warm, but we also hear a fair amount of other sounds- audience coughs, passing cars, revving motorbikes, rainfall and the like. The impact of these external events isn’t overwhelming, they take place alongside rather than over the top of the musicians’ output, and everything mingles together, to my ears at least, very nicely indeed, but for some these sounds are a problem.
    The interesting thing to me personally, is how my personal thoughts on this kind of thing swing about wildly from release to release, and certainly from sound to sound. The music being played, of course, dictates how I feel about any further additions to the sonic environment. Concert recordings get considered differently to studio or quai-studio recordings for instance- have attempts been made to keep external sounds out of the recording or have they deliberately been allowed in? These considerations seem to affect how I listen to music. So listening here to this new release I tend to switch into my “concert listening” mode- a kind of alert way of listening that expects the unexpected, knows that a misplaced cough could appear, that a mobile phone could go off. I don’t tend to listen this way normally when I put on a CD. With a disc playing you half expect the anomalies to be edited out, smoothed over- its all about “the music”. So hearing an album like this, letting the random crashes and the honking car horns become part of what I am listening to transports me to a venue I might know, (in this case, actually the correct venue- Instants Chavires in Paris) and I listen like I would in the space itself, conscious even of my own sounds- hearing them, enjoying how they meld into the overall experience, but listening closely all the same.
    All of this has the potential to distract you from the music itself- but then would the composers in this case not approve of that to some degree? Live concerts are events, moments in time, in which quite frankly just about any sounds could permeate into. The three pieces performed here, two written by Beuger and one by Frey are works that are soft, slow, and welcome in their surrounding environment. To bring up Cage again in this context is always going to be tedious, we should have moved on by now, but certainly much of my enjoyment of these pieces is enhanced by what Cage “taught” us, just as attending many years of concerts of this kind of music has taught me to listen in a particular, forgiving and accepting manner. What will be will be once the record button is pressed and the first page of the score is turned. All that matters later, once the experience of the event has been enjoyed by those lucky enough to have been there, is whether the resulting recording is something worth hearing on its own, and in the case of this release it certainly is, coughs and all.
    The third track on this CD is actually a very familiar piece of music to me. Antoine Beuger’s Lieux de Passage is his clarinet concerto, written specifically for Frey, and, in my opinion, the standout centrepiece of Another Timbre’s Wandelweiser box set from last year, a recording I was present for. So hearing it again here, with Frey’s astonishingly beautiful playing as good as it was on the AT recording, but with a completely different set of accompanying sounds formed by different instrumentation and the composer himself present. This version doesn’t quite have the same sensation of perfection- of romantic lyricism matched with perfectly weighted backdrop as that immaculate recording, but its still a wonderful work I have listened to here and taken so much from countless times. The other Beuger piece is a great balancing work to “Lieux”, the equally, mournfully beautiful Méditations poétiques sur quelque chose d’autre which sets little fragments of melody, not that dissimilar to the clarinet concerto in some ways, against murmured, whispered readings from philosophical texts. The way the voices are nearly inaudible, blending into everything only serves to further enhance the beauty of the occasion, the moment in time when deliberate action and incidental intrusions come together. The Frey piece that sits between the two Beugers, an equally soft, melodically focussed, only partly defined structure named Canones Incerti almost seems to blend into the two works that bookend it, the combination of music so complimentary and yet subtly different.
    Some Wandelweiser music is not quiet, some of it would be hard to describe as beautiful, and some of it sounds nothing like this, but in many ways this release captures several parts of the essence of Wandelweiser’s current core- playfulness with compositional structure, allowing in a degree of chance, or musician’s input, alongside a deeply romantic sense of a musical palette. This disc however, does what I don’t think that many CDs of the music have achieved before in that it goes some way to capturing how it feels to be part of a live performance of this music- and ultimately the music is written with live performance, rather than CD releases in mind. Really beautiful, enchanting music anyway.

    samedi 25 mai 2013

    Sonic Protest

    http://www.mouvement.net/critiques/critiques/sons-dessus-dessous

    Andy Guhl,Andy Guhl, © D. R.
    CRITIQUESMUSIQUE

    Sons dessus dessous

    Nicolas Maigret / The Red Krayola / Dedalus

    Dispositifs électroacoustiques turbulents, bruit(s) strident(s), volutes psychédéliques et frasques audiovisuelles : la 9e édition de Sonic Protest, qui s’est déroulée du 11 au 21 avril à Paris et dans plusieurs autres villes, n’a pas failli à la réputation de ce festival hautement aventureux.
    Par Laurent Catalapublié le 30 avr. 2013
    In the Mood for Loops. La pièce conçue par Mecanation, duo que forment Pierre Bastien et la jeune Singapourienne One Man Nation, porte bien son nom. Avec son ambiance délétère mais soignée, légèreté lestée de lourdeurs soniques, la performance du duo évoque les humeurs stylisées mais déstabilisantes de Wong Kar-Wai (plutôt Happy Together et sa B.O. criblée d’instrumentaux fantasques de Frank Zappa). Ici, dans l’enceinte du Centre Barbara, dans le 18earrondissement de Paris, la musique lévite dans une apesanteur rampante. D’un côté de la scène, les dispositifs ludiques et sonores de Pierre Bastien – carcasse cliquetante de projecteur super 8, platine-disques à la courroie folle, parfois surplombée d’un mini-orgue hululant, soufflerie tatillonne et autre mini-trompette jouet en sourdine – entretiennent une flamme cinématographique mutante, un halo de détails sonores fantomatiques et fuyants. De l’autre, les lézardes bruitistes de la jeune Asiatique, vrombissant d’intensités sèches et abruptes, semblent contraindre l’ensemble dans un carcan obsessionnel, dans un dialogue impromptu et schizophrène. Un peu comme si Philip Jeck se retrouvait sur scène avec Atari Teenage Riot… Pour amplifier la performance, le champ visuel se complète des images en vidéo et en gros plan des dispositifs de Pierre Bastien. De temps en temps, d’autres images se mêlent à l’écran : la sérénade d’un griot africain, une chorale de soldats russes, un orchestre de jazz américain des années 1950, fantômes parmi les fantômes, ombres passagères conférant à la pièce une harmonie fascinante, à la fois imagée et voyageuse.
    Une performance comme celle-ci témoigne parfaitement de trois composantes essentielles de Sonic Protest : le goût pour les dispositifs sonores et musicaux les plus turbulents ; une prédilection pour les diverses formes de bruitisme ; et la volonté d’explorer des zones esthétiques liées aux expressions de folklores imaginaires. 

    Folklores imaginaires et attaques bruitistes 
    Cette année, ces folklores imaginaires ont tenu une large place dans l’agora grouillante que se plaît à réunir Sonic Protest – dans ses différentes sessions parisiennes, mais aussi en province, à Genève ou à Bruxelles, où le festival essaime désormais également. Cette humeur nomade peut se parer d’atours psychédéliques choisis, qu’il s’agisse des légendes de l’avant-garde rock américaine de The Red Krayola ou des lointains Néo-Zélandais de The Dead C, aux boucles électriques poétiques et sauvages. Elle peut aussi se nimber d’une expressivité hors du temps, comme dans les partitions bourdonnantes de l’Ensemble Dedalus, investissant avec des pièces de Christian Wolff et Jean-Philippe Gross le temple brut de La Marbrerie montreuilloise, à l’invitation des voisins des Instants Chavirés. Elle peut enfin aborder des rivages plus exotiques, notamment par le biais de l’étrange numéro de duettistes auquel se livrent Kink Gong (alias Laurent Jeanneau), avec ses field recordings glanés aux quatre coins de l’Asie du Sud-Est, et le joueur de pipa sino-américain Li Dai Guo.
    Les attaques bruitistes sont par ailleurs fréquentes tout au long du festival. A la Générale du Nord-Est parisien, Nicolas Maigret de Art of Failure scanne son disque dur en cherchant l’intensité numérique la plus extrême. A la Dynamo de Pantin, les ondes métalliques et les mantras psalmodiés de Gravetemple – version chamanique de Sunn O))) imaginée par Attila Csihar, Stephen O’Malley et Oren Ambarchi – entrent en collision avec les éructations animales de Marc Hurtado et Vomir. Au Centre Barbara, la techno-industrielle tribale de Cut Hands (alias William Bennett) tressaille en renvoyant son écho aux pulsions harsh-noise de ninjas dégénérés des Chinois de Torturing Nurse. 

    Les champs magnétiques de The Instrument
    Tout compte fait, c’est la ligne électroacoustique, celle des dispositifs bricolés et prospectifs, qui reste l’élément le plus intrigant d’un festival à l’affiche tentaculaire tel que Sonic Protest. On retient en particulier la performance du Suisse Andy Guhl, moitié de l’éminent duo Voice Crack. Armé d’une escouade de petites webcams, de petites caméras cellulaires, le praticien helvète a entraîné avec son projet The Instrument le public de la Générale dans une étrange frasque audiovisuelle, dans laquelle les champs magnétiques, les tonalités lumineuses, crées par une batterie de capteurs, de diodes et de bobines, se retrouvaient démultipliés en lignes parasites, à la fois sonores et visuelles, emplissant l’espace de leur fragrance perturbante. Chacune des images captées par l’arsenal de caméras était récupérée par un petit récepteur vidéo qui, placé sous le prisme d’une visionneuse à diapositive, transmettait l’information visuelle à un rétroprojecteur qui en renvoyait une vision traduite, déformée, à l’écran. De cette étrange procédure, de ce recyclage multimédia lo-fi et touffu, laissant imaginer ce qu’aurait pu être la rencontre de Nam June Paik et Pan Sonic, l’on est ressorti empli de questions, mais aussi de frissons et de sensations. Le genre de gageure artistique que Sonic Protest continuera, espérons-le, de relever comme son défi majeur.

    Sonic Protest a eu lieu du 11 au 21 avril à Paris et dans plusieurs autres villes.